Fiche
d’Information pour les patients : Maladie de Lyme (Manifestations
Cutanées)
Qu’est-ce
que la maladie de Lyme ?
La maladie de
Lyme est une infection bactérienne causée par Borrelia burgdorferi, Borrelia
afzelii et Borrelia garinii, transmise par la piqûre d’une tique infectée.
Elle peut entraîner des atteintes cutanées, articulaires, neurologiques ou
cardiaques si elle n’est pas traitée.
Les régions de
l’Est et du Centre de la France sont les plus touchées comparativement à
l’Ouest et Sud-Est.
Il existe un
pic d’infections pendant l’été, et préférentiellement chez les enfants entre 5
et 9 ans ainsi que les adultes entre 70 et 79 ans.
Manifestations
cutanées
Stade
précoce : Érythème chronique migrant
Plaque rouge
en expansion autour du site de la piqûre (3 à 30 jours après)
Forme
annulaire avec un centre plus clair (aspect en cible)
Indolore, non prurigineuse
Présence
possible de fièvre légère, fatigue, douleurs musculaires
Parfois lésions
multiples avec plaques présentes à distance du site de la piqûre, dans les
jours ou semaine après la piqûre.
Ce signe est
caractéristique et nécessite un traitement antibiotique immédiat.
Stade
secondaire : phase précoce disséminée (3 à 6 semaines après la piqûre)
Plusieurs
atteintes possibles parmi :
Lymphocytome
borrélien : papule ou nodule violacé, localisation préférentielle sur
les zones « froides » du corps (lobe de l’oreille, mamelon, organes
génitaux).
Atteinte neurologique précoce :
diminution des sensations dans un territoire nerveux, sensations
« bizarres » ou diminution des réflexes ostéo-tendineux.
Atteintes rhumatologiques
fréquentes : gonflement et inflammation d’une grosse articulation.
Régression spontanée en quelques semaines mais évolution par poussées.
Atteintes cardiaques :
palpitations, difficultés respiratoires, douleurs, troubles du rythme
cardiaque.
Atteintes ophtalmologiques
(rares) : baisse d’acuité visuelle, vision double, douleurs.
Stade tardif
: phase disséminée tardive (plus de 6 mois après les premiers symptômes)
Acrodermatite
chronique atrophiante : phase inflammatoire avec gonflement d’une
extrémité et rougeurs, puis atrophie en « papier à cigarette » et
hyperpigmentation. Coloration violacée d’une main ou pied.
Atteinte neurologique
possible.
Troubles psychiatriques
possibles.
Autres
atteintes, comme dans le stade secondaire.
Diagnostic
Examen
clinique : l’érythème migrant suffit à confirmer la maladie (pas de prise
de sang).
Sérologie Lyme
: utile uniquement en cas de forme tardive.
Biopsie cutanée
: rarement nécessaire, permet parfois également de retrouver la bactérie après
culture d’un prélèvement frais.
En cas
d’atteinte d’autres organes que la peau : recherche de la bactérie dans le
liquide céphalo-rachidien ou articulaire par exemple, électrocardiogramme,
imagerie selon les signes cliniques.
Traitement
Antibiotiques
oraux (10 à 21 jours selon la forme clinique)
·
Doxycycline : en première intention.
·
Amoxicilline : en alternative.
·
Azithromycine : en 3e intention.
·
Autres antibiotiques (céphalosporines) :
selon les cas.
·
Un traitement
précoce permet une guérison complète.
Evolution et
pronostic
Erythème
chronique migrant : évolution favorable avec disparition après 1 semaine à
1 mois de traitement.
Lymphocytome
borrélien : guérison plus lente, disparition des lésions en 2 à 4 mois.
Acrodermatite
chronique atrophiante : amélioration lente : parfois plusieurs mois
après le traitement initial, atrophie cutanée séquellaire persistante possible
et insuffisance veineuse.
Atteinte
neurologique : évolution favorable sous traitement mais risque de
séquelles : rééducation indiquée.
Atteinte
articulaire : évolution lentement favorable, régression en 3 à 6 mois.
PTLDS
(Post-Treatment Lyme Disease Syndrome, Syndrome Post-Traitement de la maladie
de Lyme) :
Après un
traitement antibiotique contre la maladie de Lyme, la plupart des patients
guérissent complètement.
Cependant,
certaines personnes continuent à ressentir des symptômes persistants pendant
plusieurs mois, voire années.
Ce phénomène
est appelé syndrome post-traitement de la maladie de Lyme (PTLDS).
Il se manifeste
par :
·
une grande fatigue,
·
des douleurs musculaires et articulaires,
·
des troubles de la concentration
·
des troubles de la mémoire.
Ces symptômes
ressemblent à ceux d'autres maladies chroniques, ce qui peut compliquer le
diagnostic.
La cause exacte
du PTLDS reste mal comprise : il ne s'agit pas d'une infection active, mais
plutôt d'une réaction inflammatoire prolongée ou d’une altération du système
immunitaire après l’infection initiale.
Il n’existe pas
de traitement spécifique : les études n’ont montré aucun bénéfice
supérieur au placebo d'une antibiothérapie orale complémentaire sur les
critères de fatigue chronique et de qualité de vie.
Une prise en
charge adaptée (repos, kinésithérapie, soutien psychologique) peut aider à
améliorer la qualité de vie.
La majorité des
patients finit par aller mieux avec le temps.
Prévention
·
Éviter les zones à tiques (forêts, hautes
herbes)
·
Porter des vêtements longs et clairs
·
Appliquer un répulsif anti-tiques (DEET,
perméthrine)
·
Inspecter son corps après une sortie et retirer
rapidement toute tique
Retrait
d’une tique :
·
Utiliser un tire-tique ou une pince fine ou une
carte à tique
·
Tirer doucement sans tourner (ou avancer la
tique dans la fente prévue de la carte à tique)
·
Désinfecter et surveiller la zone pendant 30
jours
La maladie
de Lyme est une infection bactérienne qui, bien que généralement bénigne
lorsqu'elle est traitée précocement, peut entraîner des complications si
elle n'est pas prise en charge à temps. En cas de doute, consultez un
professionnel de santé.