Fiche d’information
pour les patients : Erythème Pigmenté Fixe
Qu’est-ce
que l’érythème pigmenté fixe ?
L’érythème pigmenté fixe est une réaction d’hypersensibilité (retardée) cutanée
récurrente provoquée par la prise d’un médicament ou d’une substance
spécifique. À chaque nouvelle exposition à cet agent déclencheur, les lésions
réapparaissent au même endroit. On parle de « toxidermie localisée ».
Quels sont
les symptômes ?
- Apparition soudaine (de quelques heures à 3 jours) d’une
ou plusieurs taches rouges - brunes ou violacées sur la peau ou les
muqueuses. Lésions arrondies ou ovalaires, à bordure bien délimitée, de
quelques centimètres. Parfois bulle présente initialement.
- Sensation de brûlure ou de démangeaison.
- Après quelques jours, les lésions s’assombrissent
et laissent une pigmentation brune persistante.
- Localisation fréquente sur les lèvres, les mains,
les organes génitaux, le visage ou le tronc.
- Atteinte muqueuse possible (lésions souvent
multiples, à type d’érosion, rougeur, bulle, aphte…).
- Récidive toujours au même site en cas de reprise du
médicament inducteur.
Quelles sont
les causes ?
L’érythème pigmenté fixe est une réaction d’hypersensibilité retardée à un
médicament ou à une substance. Parmi les agents les plus souvent impliqués, on
retrouve :
- Le paracetamol
- Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS,
comme l’ibuprofène, diclofenac, piroxicam, naproxène etc.)
- Les antibiotiques (ex. : bétalactamines,
quinolones, macrolides, sulfamides, tétracyclines)
- Les produits de contraste iodés
- Autres médicaments potentiellement inducteurs :
anti-épileptiques, barbituriques, inhibiteurs de phosphodiéstérase,
benzodiazépines, inhibiteurs de la pompe à proton, anti-histaminiques,
carbocystéine, pseudoéphédrine etc.
- Certains colorants ou conservateurs alimentaires (« fixed
food eruption »)
- Certaines plantes médicinales ou compléments alimentaires.
Comment
est-il diagnostiqué ?
Le diagnostic repose sur l’examen clinique et l’interrogatoire médical. Dans
certains cas, un test de réintroduction sous contrôle médical peut être proposé
pour identifier le médicament responsable. Une biopsie cutanée peut également
être réalisée et apporter des arguments au diagnostic.
Quel est le
traitement ?
- Éviction du médicament ou de la substance responsable
: la clé du traitement est d’éviter définitivement la substance
déclenchante.
- Soins locaux : application de crèmes
apaisantes ou à base de corticoïdes pour soulager les symptômes.
- Pigmentation résiduelle : elle s’estompe
généralement avec le temps mais peut persister plusieurs mois.
Quelle est l’évolution
et le pronostic des lésions ?
En général, en
cas de bulle ou d’érosion, la cicatrisation est rapide dans les suites de l’arrêt
du traitement inducteur. Une pigmentation résiduelle peut persister plusieurs
mois.
En cas de reprise
du médicament : les lésions ré-apparaitront sur les mêmes zones, avec un
délai d’apparition plus court. Les lésions peuvent également apparaître plus
nombreuses et éventuellement sous forme bulleuse.
En cas d’atteinte
diffuse / généralisée : le pronostic est plus sévère et l’état général
peut se dégrader en raison de complications (infections, troubles hydro-electrolytiques
etc.).
Que faire en
cas de récidive ?
Si une nouvelle lésion apparaît après la prise d’un médicament, arrêtez
immédiatement son utilisation et consultez un médecin. Pensez à informer votre
médecin et votre pharmacien de vos antécédents d’érythème pigmenté fixe afin
d’éviter toute nouvelle exposition au produit en cause.
Prévention
et recommandations
- Notez le nom des médicaments ayant provoqué la
réaction et informez tous vos professionnels de santé.
- Portez une carte mentionnant votre allergie
médicamenteuse si nécessaire.
- Lisez attentivement les notices des médicaments en
vente libre pour éviter les substances déclenchantes.